Hadrien dans le blog d’Étienne Chouard 9 mai 2014 à 20:19

On peut continuer à se plaindre indéfiniment de l’austérité, cela ne changera rien au dogme austro-allemand !
Car ce serait faire une erreur, hélas fort commune, que de croire « l’orthodoxie » monétaire des allemands (dont sont inspirés les statuts de la BCE) uniquement due à leur crise inflationniste des années 20. Plus fondamental encore, et plus enraciné, est leur adoption du dogme monétaire de l’Ecole autrichienne qui remonte à Carl Menger, dont Von Mises fut l’élève, lui-même ayant eu Hayek pour disciple.
C’est donc un dogme ante-Keynésien, qui prend pour acquis que « la monnaie n’est qu’un voile »… un principe dont, soit dit au passage, l’expérience des années 20 aurait du suffire à montrer l’inanité !
Cela n’a pas empêché la classe dominante allemande de reprendre son dogme après 1949, d’où les trajectoires monétaires différentes en Allemagne et en France… Or, en dépit (et sans doute à cause) de cela, les croissances françaises et allemandes furent identiques, en moyenne (5,4%), durant les Trente Glorieuses !
La différence reside dans le point souligné ici à plusieurs reprises. Sans revenir sur un leitmotiv qui a été largement évoqué, on peut en effet faire le parallèle social avec la distribution du patrimoine:
Depuis qu’on nous vante de tous côtés les « succès » de la frugalité allemande, y compris dans son faible taux de propriétaires immobiliers, quel est le bénéfice d’une telle politique… pour la grande majorité d’un peuple dont on constate que son patrimoine médian, au total, s’avère si faible (le dernier de la zone euro) et accroît les inégalités (la médiane y est quatre fois plus faible que la moyenne, contre deux fois seulement en France) ?
La situation est d’autant plus préoccupante que l’Allemagne est un pays vieillissant, dont la proportion de ménages âgés devrait au contraire favoriser le patrimoine après une vie entière de dur labeur.

    Qu’a donc fait l’Allemagne de l’Ouest de tous ses excédents commerciaux durant toute la deuxième moitié du XXe siècle ?

La réponse a malheureusement été donnée par Gaël Giraud et Cécile Rouard dans leur livre (Le facteur douze):
« les ménages allemands possédant plus de 100 millions d’actifs sont au nombre de 900, juste derrière les USA avec 3000, (contre 300 en France), soit le nombre proportionnellement le plus grand de ces très riches parmi la population mondiale ! » Là encore, un fait qui est soigneusement dissimulé par la doxa libérale qui nous engage à suivre ce modèle: les excédents allemands s’exercent au détriment des bas salaires et viennent gonfler la fortune des actionnaires d’entreprises (ce qui explique pourquoi on ne voit rien dans le patrimoine moyen qui intègre indistinctement les deux).
Le patrimoine des ménages et du secteur public ne sont en effet pas les seul indicateurs de richesse à prendre en compte. Une partie significative est en effet détenue par les entreprises dont le stock de capital constitue un indicateur exhaustif. Il indique en effet le montant du capital détenu par le secteur public (dont on a vu plus haut ce qu’il en est) ainsi que par les capitalistes industriels résidents et non-résidents. Corrigé de la position extérieure nette (donc du capital ou des dettes détenus par des résidents à l’étranger), on obtient un indicateur global du patrimoine… capitaliste !
Là, les choses sont fort différentes puisque l’Allemagne est bien dans le peloton de tête avec l’Autriche, la Belgique et les Pays-bas, montrant ainsi comment la politique de « l’offre » peut arriver à extirper la plus value du travail des ménages, tout en faisant d’eux les plus pauvres d’Europe:
http://www.ladocumentationfrancaise

 

On ne s’étonnera pas, après tout cela, que Alain Minc ait pu pousser ce cri du coeur dans le titre de son dernier livre: « Vive l’Allemagne » !

En résumé, tant que l’on gardera l’euro, les choses iront de mal en pis pour les travailleurs, et de mieux en mieux pour les possédants… de l’outil de travail !
Mais ça, on le savait déjà avec Marx. La seule différence, c’est que là où un siècle de conquêtes sociales y avaient en partie remédié, la révolution néolibérale des Trente Piteuses a inversé la courbe… L’euro, lui, est là pour empêcher tout retour en arrière:
Ainsi, en France, les dispositions des traités européens ont été inscrites dans notre constitution !
(En Allemagne, c’est évidemment l’inverse: la classe dominante a fait en sorte de garder toutes disposition sous le droit de veto de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, au cas où L’U.E. s’émanciperait !)
C’est dire si vouloir le « retournement », tout en gardant l’euro, est voué à l’échec !

 

http://chouard….

http://chouard.org/blog/2014/05/09/se-battre-a-lheure-de-lempathie-lignes-de-front-jeudi-prochain-a-paris/#comment-496

Hadrien a écrit dans le blog d’Étienne Chouard

Il n’est pas de problèmes que l’absence de solution ne finisse par résoudre.

C’est sur cet aphorisme cynique que l’atroce « construction » européenne, que l’on nous impose de plus en plus tyranniquement jour après jour, compte pour perdurer, ainsi que sur la peur et la désinformation. Aussi pourrions déplorer évènement après évènement, chaque recul, chaque coup bas, minutieusement, scrupuleusement, nous l’avons fait, mais informer sur un forum du Plan C n’implique par forcément le déclenchement d’une action, mais implique la colère, la tristesse et à la fin le découragement.

Les défis auxquels sont confrontés le Monde, l’Europe, les nations et les peuples sont nombreux : crise écologique, crise d’épuisement des ressources naturelles, dominations et inégalités insupportables. C’est pourquoi un optimisme et un courage lucide sont nécessaires plus que jamais.

Nous ressentons, encore confusément pour certains, que c’est l’idée d’unification poussée trop loin, de centralisation du continent tout entier loin des citoyens qui a permis ce galop tyrannique et débridé vers tous les excès. Nous ressentons avec certains arguments difficiles à contester ( liens vers un argumentaire : http://franciswurtz.net/2011/11/10/une-europe-democratique-est-elle-possible/#comments ) qu’une autre « construction » européenne, même basée sur les choix progressistes les plus exigeants entraînerait certains types de défauts et d’insatisfaction commun avec la construction actuelle, notamment ceux liés aux dérives dues à l’éloignement des citoyens de base. Néanmoins, j’engage ces partisans d’une autre « construction » européenne basée sur les choix progressistes les plus exigeants à créer un fil où ils pourront développer leurs argumentaires face à tenants du monétarisme, du libre-échange, du néo-libéralisme du consensus de Washington. Pour nous, nous pensons que d’autres choix sont possibles, porteurs à la fois de risques et de germes d’émancipation. Explorons-les en toute lucidité en pesant le pour et le contre, c’est la démarche que je propose de lancer sur ce fil.

En fait plus facile à dire qu’à faire :
( Comment allier une certaine connaissance des sujets politiques, une conscience politique avec un peu de créativité et une méthodologie critique pour peser le pour et le contre des solutions que l’on propose, les obstacles et les points forts sur lesquels s’appuyer )

Propositions pour le Titre ou le sous-titre du fil :

A] Célébrons un nouvel optimisme pour l’Europe ! ( Peut-être trop justement, vis à vis de la situation )

B] Après l’Union Européenne ( sobre et sans fioritures )

C] D’autres choix pour l’Europe – D’autres choix en Europe

D] Renouveau Européen ( fait peut-être un peu réchauffé ? Un peu connoté extrême-droite des années 70 )

E] Dévolution des pouvoirs en Europe ( le mot juste, mais il faut consulter un dictionnaire, mais d’autre part ne sommes pas ici pour nous tirer vers le haut ? Pour trouver des solutions non-démagogiques et exigeantes )

F ] Pour l’Europe, d’autres voies que la « construction européenne

Quelques scénarios des différents possibilités

Scénario 0] Les solutions dégagées par les évènements nous surprendront nous ainsi que ceux qui sont aux commandes.

Scénario 1] Les pouvoirs, l’activité, l’influence morale de l’UE dissoute seraient partagés entre le Conseil de l’Europe* modifié ( abandon notamment de la notion d’union sans cesse plus étroite) l’ONU et les pays ex-membres.

*organisme purement consultatif et moral distinct du Conseil Européen qui lui est la réunion des représentants des exécutifs nationaux des pays membres de l’UE

Scénario 2] Les pouvoirs, l’activité, l’influence morale de l’UE dissoute seraient repris par les pays ex-membres qui entreraient dans des traités de coopération bilatérale.

Scénario 3] Les pouvoirs, l’activité, l’influence morale de l’UE dissoute seraient repris par les pays ex-membres qui entreraient dans des Unions commerciales modestes pour l’industrie, la recherche et les services non-agricoles de 3 ou 4 pays maximum, sans politique agricole commune pour des raisons de souveraineté alimentaire, de circuits courts traçables et d’optimum écologique. Un peu du même type que l’Association Européenne de Libre-échange qui relie la Suisse, le Liechtenstein, la Norvège et l’Islande.

entretien filmé avec Laurent Pinsolle : « Arguments pour l’autonomie monétaire »

entretien filmé avec Laurent Pinsolle : « Arguments pour l’autonomie monétaire »

Un point de vue autrichien sur le dénommé « Mécanisme européen de Stabilité », sur l’euro dictature monétaire sous influence américaine et sur le statut de vassal des américains de l’Allemagne

Où trouve-t-on une telle réglementation ? : Tous les employés du Mécanisme européen de stabilité (MES) bénéficient de l’immunité juridique, personne ne peut déposer plainte contre le MES ou ses employés. Mais par contre le MES peut déposer plainte contre tout un chacun et possède des droits incroyables : il peut exiger de la part de tous les États signataires et en tout temps autant d’argent qu’il lui plaît. Et tout ceci sans devoir donner de raisons. Les membres doivent obtempérer dans les sept jours sans opposition possible. Si un État ne peut satisfaire ces exigences (la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Slovénie, Chypre) ce sont les autres États membres qui doivent reprendre automatiquement le montant de la dette qu’ils doivent eux aussi payer dans les sept jours. Il est prévu que les populations des États membres soient tenues de se plier à cette exigence avec leurs biens propres pour supporter les dettes de leur État. Le MES représente la prise de pouvoir de la haute finance internationale avec l’accord de nos représentants politiques.

Selon les informations existantes jusqu’à présent, le projet d’accord sur le MES a été rédigé par le bureau d’avocats américain Fresh­fields Bruckhaus Deringer.

Vérification du fait que la rédaction de l’accord dénommé : « Mécanisme Européen de Stabilité » a été effectué par le bureau d’avocats américain Fresh­fields Bruckhaus Deringer :

http://www.neurope.eu/blog/germany-has-hung-itself

http://www.lobbypedia.de/index.php/Freshfields_Bruckhaus_Deringer

Cet accord de type anglo-américain est à mille lieues de toute culture juridique européenne. Il a été rédigé en anglais, puis traduit en allemand. Les règles d’immunité de l’accord sur le MES furent, par commodité, recopiées des statuts de la BRI (Banque des règlements internationaux, Bâle, Rothschild), respectivement des statuts de l’US-ESF (Exchange Stabilization Fund). Le ministère allemand des Finances à lui seul occupe 1900 employés et aurait sans autre pu rédiger l’accord sur le MES selon le droit germano-romain au sein de son institution. Mais que fit Schäuble ? Il remit le soin de rédiger cet accord à un bureau d’avocats américain qui est en relation directe avec les grands créanciers européens et Goldman Sachs.

La chancelière Merkel, elle aussi, s’efforce de remettre la souveraineté budgétaire de la République fédérale allemande à l’administration fiscale du Mécanisme européen de stabilité. Tous les États qui se lancent sur cette voie acceptent la fin de l’État de droit libre et démocratique en renonçant à leur souveraineté budgétaire. Madame Merkel viole par là clairement son serment professionnel. La fameuse « union budgétaire » sent la dictature. Alors même que « tout pouvoir d’État émane du peuple » (art. 20 de la Loi fondamentale), les citoyens n’ont, là aussi, rien à dire quant il s’agit d’endosser les dettes d’États étrangers corrompus. Lors de telles décisions, on a de plus en plus l’impression que Madame Merkel est sous la contrainte de l’industrie de la finance.

C’est l’ancien porte-parole de la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter (ÖVP), Harald Waiglein, qui représente l’Autriche dans le MES. Il fut autrefois journaliste à la télévision autrichienne ORF et à la « Wiener Zeitung ». Il n’est pas un spécialiste des finances et fut après son adhésion au parti bourgeois ÖVP, en dernier, chef de la section III « Politique économique et marchés financiers » au ministère des Finances à Vienne. Sur les plans européen et international, il possède uniquement quelque expérience en tant que porte-parole et journaliste. En tant que membre du directoire du MES, Harald Waiglein jouit de l’immunité, ne paie pas d’impôt sur le revenu et dispose avec ses collègues d’une fortune de 700 milliards d’euros pour commencer.

Lors de l’effondrement de l’euro qui se profile, l’Allemagne devra payer jusqu’à 771 milliards d’euros, selon les calculs de l’institut Ifo. Face à un budget d’État de 306 milliards, cela « fait froid dans le dos ». S’il faut encore ajouter les plans de sauvetage pour l’Espagne et l’Italie, la somme totale à payer pour l’Allemagne atteindra 2,8 billions d’euros. Il est indéniable que l’Allemagne s’effondrerait sous la charge d’un tel poids. C’est dans ce contexte que les journaux « Bild » et « Süddeutsche Zeitung » ont publié un appel de l’ancien Premier ministre anglais, Tony Blair, intimant l’ordre à l’Allemagne de sauver l’euro. Les États-Unis aussi attendent le sauvetage de l’euro par l’Allemagne, même si cela menace l’existence du pays. C’est ce qu’a déclaré le ministre américain des Finances Geithner, lors d’un court séjour chez le ministre des Finances Schäuble à son domicile de vacances sur l’île de Sylt. Il fit aussi comprendre que les États-Unis ne toléreraient pas une sortie de l’Allemagne de l’euro. Car le retour au Deutsche Mark signifierait la renaissance d’une monnaie qui serait rapide de nouveau la plus forte monnaie du monde – ce qui n’est certainement pas le vœu des Alliés et de l’industrie financière. La disparition du Deutsche Mark fut une des raisons fondamentales de l’introduction de l’euro.

Angela Merkel a reçu aux États-Unis la médaille de la liberté, du fait qu’elle a appliqué sans broncher les objectifs d’après-guerre des États-Unis pour l’Allemagne, soit les 5D décidés pour l’Allemagne en 1945 lors de la Conférence de Potsdam: démilitarisation, dénazification, décentralisation, démocratisation et démontage. Pour mieux pouvoir appliquer tout cela, l’Allemagne n’a toujours pas de traité de paix et doit se contenter d’un traité d’armistice et de la clause d’« État ennemi » selon les statuts de l’ONU.

Vérification pour confirmer le fait que l’Allemagne n’a pas de traité de paix, voir l’article de l’encyclopédie en ligne wikipédia sur le Traité de Paris de 1947 :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Paris_%281947%29

mais juste un traité d’armistice et de démilitarisation, voir l’article 3 du traité de Moscou de 1990 :

http://mjp.univ-perp.fr/traites/1990traite2+4.htm

Extrait des conditions du traité acceptées par l’Allemagne en 1990: renonciation à la fabrication, à la possession et au contrôle d’armes nucléaires, biologiques et chimiques. Fin de citation. L’Allemagne ne peut donc pas se défendre seule face à des pays qui emploieraient des armes de ces types, sa souveraineté est limité et elle doit se placer obligatoirement sous la férule d’un suzerain.

Ainsi la Bundeswehr est soumise à l’OTAN et l’Allemagne reste occupée par 68 000 soldats américains et 30 000 soldats britanniques. L’Allemagne paie les frais d’occupation et offre constamment de nouvelles infrastructures aux occupants, soit des immeubles, des hôpitaux, des aéroports et des terrains d’exercices. Les troupes d’occupation et leurs services secrets peuvent agir en toute impunité dans le pays, n’étant pas soumis à la loi allemande, leurs casernes et leurs établissements jouissent de l’exterritorialité. Ainsi on construit à Landstuhl un nouvel hôpital américain pour 900 millions d’euros, l’Allemagne en supportant 600 millions.     •

Source primaire : Inter-Info d’octobre 2012

(Source secondaire et traduction Horizons et débats) :

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3695

Après quelques recherches personnelles, il semblerait qu’Inter-Info soit basé en Autriche et que leur site web est :

http://www.meinbuecherdienst.at/

Un autre article d’Inter-Info sur le MES ( en allemand ) :

http://www.meinbuecherdienst.at/sites/default/files/2012-12%20ESM%20-%20Europäischer%20Stabilitäts%20Mechanismus.pdf